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Montcaret - Le Périgord de Montaigne entre Guyenne et Gascogne

Dordogne - Montcaret
Montcaret - Montcaret
Niveau
:   
  • 1
Durée :   03h45
Distance :   18 km
Dénivelé :   73 m
Balisage :   
Environnement :   Campagne
Enfants :   Non adapté
Type d'activité :   A pied

Découvrez la balade : Montcaret - Le Périgord de Montaigne entre Guyenne et Gascogne

Au pays de Montaigne les paysages marient avec harmonie les fières bastides et les vallons profonds, les vignes escarpées et les forêts de chênes. PAR PÉRICO LÉGASSE

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Présentation détaillée de la balade : Montcaret - Le Périgord de Montaigne entre Guyenne et Gascogne

A une dizaine de kilomètres de Port-Sainte-Foy, au lieu-dit Tête-Noire, il suffit de tourner à droite. La route monte sur les premières pentes d’un coteau dominant la Dordogne après avoir traversé Montcaret et les vestiges d’une villa gallo-romaine. Au sortir d’un vallon boisé apparaissent les premières vignes et Saint-Michel-de-Montaigne, village natal de Michel Eyquem de Montaigne.

Du château, une forteresse du XIVe siècle que son grand-père, Ramon, négociant à Bordeaux, avait achetée en 1477, il ne subsiste qu’une tour. Le reste du loris avant brûlé en 1885, un nouveau château fut édifié, très Viollet-le-Duc mais ne manquant pas d’allure. Pour les amateurs, les «amis» de Montaigne, la tour, sa «librairie» comme il aimait l’appeler, n’est pas un lieu anodin. «Chez moi, je me destourne un peu plus souvent à ma librairie d’où, tout d’une main, je commande à mon message (…). Elle est au troisième estage d’une tour. Le premier, c’est ma chapelle, e second une chambre et sa suitte, où je me couche souvent, pour estre seul. Au dessus, elle a une grande garde-robe. C’estoit, au temps passé, le lieu le plus inutile de ma maison. Je passe là et la plus part des jours ma vie et la plus part des heures du jour. Je n’y suis jamais la nuict» (Essais, III-3). C’est dans cette pièce qu’il se fit aménager en 1571 – il avait alors 38 ans – qu’il écrivit les Essais, un genre littéraire qu’il créa, une philosophie à la première personne, mais totalement universelle. Parlant de lui, Montaigne nous parle de nous.

Il nous apprend à aimer la vie telle qu’elle est au lieu d’en rêver une autre. Il prône le plaisir, la sérénité, l’action. Maître de sagesse, maître de joie. S’il ne se fait guère d’illusions sur la nature humaine, il pardonne aux hommes d’être ce qu’ils sont et, comme Socrate, se veut citoyen du monde. «J’estime tous les hommes mes compatriotes, et embrasse un Polonais comme un Français, subordonnant cette liaison nationale à l’universelle et commune.» On comprend, à ces mots, pourquoi sa pensée est véritablement universelle. Mais son humanisme n’est pas une religion, c’est une morale. Et, si du haut de sa tour Montaigne a une vue aux quatre points cardinaux, logis, basse-cour, jardin, vignes, bois, il a aussi la vision de son pays en proie aux guerres de Religion.

Appel à la méditation.

La région est protestante, la ville de Bordeaux, catholique. Entre Henri III, Henri de Navarre, les ligueurs de Guise, la vie n’est pas de tout repos. Sa «librairie» est son ancrage. Il y habite par intervalles entre ses voyages à l’étranger, ses déplacements, ses séjours à Bordeaux. Tapissé de livres «sur cinq degrés» (entendre cinq rayons), son cabinet de travail est rond, sauf sur un côté correspondant à un conduit de cheminée, il abritait un millier d’ouvrages, dont ceux de son ami La Boétie, mort de la peste en 1563 à 33 ans. Mais le plus émouvant, c’est le plafond constitué de deux poutres et de 48 solives toutes gravées de sentences grecques et latines d’auteurs anciens.

De son siège, le philosophe se livrait ainsi à l’exercice du doute à partir d’une phrase comme «Je soutiens, je ne bouge», autrement dit: je suspends mon jugement, je garde la question entière. En descendant de la tour, on peut se rendre sur la terrasse du château actuel. La vue est admirable sur la forêt de Saint-Cloud, que Montaigne traversait à pied pour se rendre à Montpeyroux. Non loin, sur une colline, se trouve le château de Mattecoulon, qu’habitait Bertrand, son jeune frère, qu’il considérait comme son fils de cœur. En quittant Saint-Michel-de-Montaigne, on peut prendre la direction de Montcaret, puis à 600 m tourner à gauche sur un chemin qui descend vers la Lidoire.

Cette rivière, frontière entre la Dordogne et la Gironde, eut son heure de gloire durant la Seconde Guerre mondiale car elle représentait la ligne de démarcation entre les zones libre et occupée. Non loin, on peut encore voir le moulin de Pombazet, qui appartenait à Montaigne. A 1 ou 2 km au nord-ouest, le hameau de Papassus, en lisière de la forêt de Brétenord, garde en mémoire son passage – il y fût mis en nourrice avant de commencer son éducation au château. Des années plus tard, à l’occasion de la visite d’Henri de Navarre, il lâchera un cerf dans ses bois pour le plaisir du roi, grand chasseur. Après Montpeyroux, face au visiteur, sur une motte féodale, se dresse, fière, comme dans une suprême volonté de survie, la ruine du château de Gurson. A l’origine propriété de Jean de Grailly, ce domaine fût souvent fréquenté par Michel de Montaigne, qui dédia un de ses Essais à la comtesse Diane.

En continuant par la D 33, on atteint Carsac-de-Gurson. La petite église construite au début de l’occupation anglaise, au XIIe siècle, est un vrai joyau de l’art roman saintongeais. De chaque côté du portail, deux sculptures représentent le léopard d’Angleterre et le lion d’Aquitaine. A l’intérieur, une plaque indique que sont enterrés là le très catholique marquis de Trans, comte de Gurson, et trois de ses fils, au service du roi de Navarre. Catholique comme Montaigne, le marquis joua, avec son ami, un grand rôle dans l’avènement d’Henri IV.

Célébrer le vin.

En direction de Saint-Martin-de-Gurson, la route serpente au coeur d’un paysage de vignobles qui évoque Toscane. Omniprésente, la vigne est la grande richesse de ce territoire bordé par l’Isle au nord et la Dordogne au sud, terroir de Montravel ainsi nommé en souvenir de la ville du même nom rasée par Louis XIII un soir de février 1662 parce qu’elle avait osé demeurer protestante. Tels les zélotes de Massada, les derniers assiégés se firent sauter plutôt que de se rendre.

A la fin du mois d’octobre, quand la brume venue de la vallée de la Dordogne se retire pour laisser place au soleil, l’alternance d’humidité et de chaleur développe la magie de la pourriture noble sur le grain, indispensable aux meilleurs vins liquoreux. Montaigne les célébrait ainsi que les blancs secs: «Boire à la française, à deux repas et modérément en crainte de santé, c’est trop restreindre les faveurs de ce Dieu.Il y faut plus de temps et de constance (…), de plaisir duquel nous voulons tenir compte au cours de notre vie, doit en employer plus d’espace. Il faudrait ne refuser aucune occasion de boire et avoir ce désir toujours en tête» (Essais II, 2).

L’esprit de cet honnête homme qui aimait la franchise et la civilité, l’équilibre de la conscience et la maîtrise de soi flotte toujours au-dessus de ce pays à la géographie harmonieuse. C’est un autre Périgord, moins connu mais tout aussi attachant.

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: 03h30
: Très facile
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