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Le Fenouillèdes - D'oc et de catalogne

Pyrénées Orientales - Le Fenouillèdes
Notre-Dame de Laval -
Niveau
:   
Durée :   00h00
Distance :    km
Dénivelé :   476 m
Balisage :   
Environnement :   Campagne
Enfants :   Adapté
Type d'activité :   En voiture

Découvrez la balade : Le Fenouillèdes - D'oc et de catalogne

C'est une terre où se rencontrent l'Occitanie cathare et la corne de l'Espagne, un paradis perdu pour les aigles royaux comme pour les voyageurs avertis, où la variété des paysages répond à la richesse de la faune et de la flore. PAR ALAIN LÉAUTHIER

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Présentation détaillée de la balade : Le Fenouillèdes - D'oc et de catalogne

Si on dit, remontant 350 millions d’années en arrière, que sa structure géologique, l’apparente aux Appalaches de l’Est nord-américain, on ne dit rien du Fenouillèdes. Si on ajoute que la présence de l’homme y est certifiée depuis au moins 120 000 ans, on devine déjà que l’histoire a laissé un profond sillon dans ce coin de France où la plus grosse bourgade, Saint-Paul-de-Fenouillet, abrite pourtant moins de 2 000 habitants.

Si, pour en finir avec les si avec lesquels on ne mettra rien dans la bouteille du lecteur hormis le bon vin doux produit ici depuis le XIIIe siècle, on précise que nous sommes dans une contrée de passages, où l’Espagne catalane pousse sa corne vers l’Occitanie et où la route des cathares se heurte à celle des croisades de la couronne de France et de l’Eglise, on s’approchera alors déjà mieux de cette terre. Terre rebelle, occupée tour à tour par les Romains, les Wisigoths, les Arabes, elle devint partie intégrante du royaume de France avant le traité des Pyrénées de 1659 fixant la frontière franco-espagnole telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Un Sud de toutes les couleurs

A partir de Perpignan, ouvrant la porte du Fenouillèdes, on pénètre dans un Sud de toutes les couleurs et de toutes les senteurs, concentré sur une superficie équivalente à deux fois celle de Marseille, aux contours imprécis et infiniment discutés entre savants de toutes disciplines, mais dont on ressent la nostalgie à peine l’a- t-on quitté.

La traversant d’est en ouest, la départementale 117 déroule une sorte de bande-annonce magique d’une «région naturelle» dont la diversité est inversement proportionnelle à la modestie de son territoire, îlot à part au nord-ouest du département des Pyrénées-Orientales, entre Corbières et Pyrénées, chaleur méditerranéenne et, à l’ouest, climat montagnard atlantique. Vers la plaine du Roussillon, c’est encore plat, mais au fil des kilomètres la route longe une étonnante barrière rocheuse surgie il y a 55 millions d’années, un synclinal alternant dans ses plis crêtes rocheuses et pics acérés, adoucis ici et là par des collines et des coteaux où la vigne pousse depuis la nuit des temps, laissant place à la garrigue et à quelques cyprès autour des rares habitations.

Outre qu’il constitue une attraction en soi, royaume béni des géologues de tous niveaux et des randonneurs aux mollets entraînés, le synclinal donne une étonnante profondeur aux paysages et, à celui qui les contemple, ce sentiment d’euphorie enchantée qui se fait si rare dans la douce France ruminant sa grandeur passée. Ignoré par les gros bataillons du tourisme de masse, le Fenouillèdes attire en revanche depuis quelques décennies des caractères bien trempés ou originaux, venus de toute l’Europe se mélanger aux autochtones installés de longue date, ou plus récemment à l’image de nombreuses familles espagnoles ayant fui l’avancée des troupes franquistes lors de la Retirada. Ce fut le cas de celle de Didier Fourcade, maire depuis 2001 de Trilla, village de 70 âmes ayant fêté son millénaire il y a trois ans, posé tout en haut d’une route sinueuse, sur un plateau montagneux et panoramique d’où, par beau temps, on peut apercevoir aussi bien la mer qu’en hiver les sommets enneigés de la chaîne pyrénéenne.

L’élu a le corps trapu et les épaules solides de qui n’a jamais cessé de travailler la terre. A Trilla, en 1939, le grand-père devint bûcheron, le petit-fils reste exploitant forestier mais s’est fait aussi vigneron. Républicain de gauche à l’ancienne, il se félicite d’avoir parmi ses administrés neuf nationalités, Allemands, Anglais, Irlandais, Grecs… Et même une Marseillaise. Tous ne partagent probablement pas son amour du rugby à XIII ou de la chasse, une religion devenue un impératif face à la surpopulation de sangliers qui abîment sérieusement les cultures. Mais beaucoup apprécient ses efforts pour compenser les ravages de l’exode rural et le recul de la vigne – 130 ha sur la commune dans les années 80, à peine une vingtaine aujourd’hui.

Situation dont s’attriste M. le Maire : «Autrefois, 1 hl de vin payait la semaine à un vendangeur, aujourd’hui même pas la demi-journée.» Malgré tout, «Jours très tranquilles et très heureux à Trilla» pourrait être le slogan de la municipalité de Didier Fourcade. Lequel n’interdit pas pour autant d’aller voir ailleurs si c’est aussi vert, préservé et accueillant. Le Fenouillèdes, où quelquefois souffle fort la terrible tramontane, appelée ici le cers, a des montagnes, des forêts denses de chênes verts, de pins, de hêtres et de sapins, des espaces désertiques où la rocaille règne en maître.

Il possède aussi en abondance des lacs, des rivières encore sauvages et les gorges qu’elles ont tracées au fil des siècles. Ainsi, à quelques kilomètres au nord de Saint-Paul-de-Fenouillet, les gorges de Galamus, profonde entaille boisée de 2 km, percée dans le relief karstique et au fond de laquelle coule l’Agly, fleuve pas toujours très sage né au pech de Bugarach, le mont Blanc des Corbières audoises, cher à Nostradamus et devenu conséquemment le rendez-vous de tous les jobards épris d’occultisme New Age. Depuis le VIIe siècle, un petit ermitage est accroché à leurs flancs. Fondé à l’origine par un moine solitaire sous la forme d’une simple grotte-chapelle aménagée dans la roche, il abrita ensuite des ermites, versés dans la cueillette des plantes médicinales et ne devant leur subsistance qu’aux ressources limitées de la nature environnante. Occupé jusqu’en 1936, l’ermitage et les gorges figurent aujourd’hui, en dehors des châteaux cathares dont la localisation fait débat et de quelques bords de rivière drainant la foule, parmi les sites les plus visités du Fenouillèdes, au point qu’il y a quelquefois embouteillage sur l’étroite départementale qui les surplombe et dont l’édification achevée en 1890 releva du tour de force.

Aigles et orchidées

Ailleurs, sur les mille sentiers de pays, GR, pistes, grottes, fonds de vallée, sur des ponts romains, des viaducs construits au XIXe siècle ou des cols d’altitude où il fallait autrefois rester sur ses gardes, vous serez seuls ou presque, rarement dérangés pour admirer les 70 variétés d’orchidées recensées dans la région, étudier l’ordonnancement soigné des parcelles viticoles dans la garrigue et la présence sur leur côté des casots, cabanes en pierre au toit rouge, en tuiles romaines, typiques de la région, déguster un vin doux de Maury accompagnant des croquants de Saint-Paul au goût d’amande et de citron. Enfin, quand la chaleur tombera, couché dans l’herbe ou étendu sur la pierre encore tiède du synclinal, il sera temps de contempler le vol libre d’un aigle royal ou d’un aigle de Bonelli, espèces menacées en France et qui à l’instar des cathares, il y a huit siècles, ont trouvé refuge dans ce petit paradis pas encore perdu.

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