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Les Coëvrons - La ferveur d'un vieux terroir

Mayenne - Les Coëvrons
Saint-Céneré - Saint-Céneré
Niveau
:   
Durée :   00h00
Distance :   95.589 km
Dénivelé :   245 m
Balisage :   
Environnement :   Campagne
Enfants :   Non adapté
Type d'activité :   En voiture

Découvrez la balade : Les Coëvrons - La ferveur d'un vieux terroir

Aux confins de la Mayenne et de la Sarthe, cette contrée offre la magie des paysages, la mémoire des vieilles pierres et la douceur de vivre bercée par la nature. Une plongée dans les secrets de la France éternelle. PAR PÉRICO LÉGASSE

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Présentation détaillée de la balade : Les Coëvrons - La ferveur d'un vieux terroir

Au terme d’un périple nous ayant fait traverser la Brenne, franchir le Sidobre, arpenter le Champsaur, parcourir la Chalosse et cerner le Fenouillèdes, nous concluons cette série des territoires inconnus par les Coëvrons. Qui connaît les Coëvrons ? Où Marianne est-il encore allé dénicher ce coin caché de France ?

L’énigme vaut le détour pour la beauté de ses paysages et la préservation de son environnement, mais aussi pour un savoir-vivre où la croissance néolibérale n’est pas la seule référence de civilisation. Voici une contrée blottie au cœur du Maine, cette ancienne province royale dont les comtes, puis les ducs, puissants seigneurs de la féodalité, parfois princes du sang, jouèrent un rôle important dans l’histoire. Ainsi les Plantagenêts furent-ils comtes du Maine, avant de monter sur le trône d’Angleterre en 1154. Plus tard, le titre fut porté par le fils aîné de Louis XIV et de la Montespan, Louis-Auguste de Bourbon, qui fut fait duc du Maine. Même l’Etat américain homonyme du Nord-Ouest, à la frontière avec le Québec, revendique officiellement cette similitude sémantique.

Positionné entre la Bretagne, l’Anjou et la Normandie, le Maine tient son nom des Cénomans, peuple gaulois dont la capitale, Vindunum, allait devenir Le Mans. Situés aux confins des départements de la Mayenne et de la Sarthe, entre Evron et Sillé-le-Guillaume, les Coëvrons sont une prolongation atténuée de la partie continentale du Massif armoricain, dont le sommet culmine au mont des Avaloirs, à 416 m d’altitude. Un pays de collines et de vallons, parsemé de ruisseaux, de petits étangs et de forêts où la nature a gardé ses droits et la ruralité, une bonne part d’authenticité. Une vraie campagne comme jadis, avec ses pâturages à vaches, ses vergers en fleurs et ses villages pittoresques posés, çà et là, dans la quiétude d’un relief bocageux.

L’image d’Epinal n’est pas loin, même si un habitat formaté ou une entrée de bourg bétonnée rappellent parfois les ravages que peut infliger la modernité mercantile aux univers les plus isolés. On vient un peu dans les Coëvrons comme on cherche un refuge pour fuir le monde. Car ici le monde est autre, pausé et reposé, habillé par une frondaison sauvage et gracieuse, bercé par le cours d’une rivière aux berges fleuries se faufilant d’un lavoir l’autre ou glissant sous la roue d’un moulin et rythmé par le si bémol d’un clocher donnant du temps au temps.

Bourgs aux noms évocateurs d’une toponymie poétique, comme peuvent l’être Assé-le-Bérenger, Montreuil-le-Chétif, La Chapelle-au-Riboul, Saint-Gemmes-le-Robert, La Roche-Pichemer, Saint-Aubin-du-Désert ou Epineux-le-Seguin. Et puis les gens d’ici, aussi bien informés des vicissitudes de l’époque qu’un citadin aux aguets et tellement heureux de ne pas s’y trouver aux premières loges. Artisans, paysans, aubergistes, tous conteurs de leur joie de vivre là et si fiers d’en partager la sérénité avec les visiteurs. On soupçonnerait bien volontiers les indigènes de ne pas trop faire savoir le bonheur de leur isolement et les étrangers de passage, de taire leur découverte.

Tendre pays aux volumes apaisants

Depuis Christophe Colomb, l’autochtone a tendance à manifester une certaine méfiance envers les nouveaux venus. C’est que les Coëvrons sont là depuis l’orogenèse cadomienne métamorphosée au précambrien par le plissement du paléozoïque ordovicien (il y a du Mallarmé dans la prose du géologue), c’est-à-dire depuis un petit milliard d’années. Alors le TGV, vous comprenez, c’est un peu dépassé lorsque l’on bénéficie d’une telle chronologie minérale. Un patrimoine rocheux dont le porphyre a servi à paver les rues de Paris au XIXe siècle.

Eh oui, en mai 1968, c’est un peu du terroir des Coëvrons que les flics se sont pris sur la tronche. Il provenait du socle volcanique dont est formée cette chaîne antédiluvienne où surgissent, à épisode croissant, des hauteurs aux noms romanesques. La série commence avec la crête de Cordé (169 m) puis celle des Rondins (171 m) et suit avec les buttes de Courtaliéru (176 m), de Clougautier (190 m), de Peutiballe (209 m) et de Hucheloup (210 m). On poursuit la grimpette vers les contreforts de Montafilou (223 m), du bois d’Orthe (242 m), de Monturbeau (245 m) et du bois de Crun (285 m). Un effort nous hissera sur le signal de Voutré (292 m), avant de passer à des hauteurs plus marquées, comme celles du mont du Feu (297 m), de la Cerclerie (299 m) et du mont Rottu (301 m) d’où l’on peut rejoindre le rocher de la Grippe (312 m) puis le roc d’Enfer (330 m) avant de culminer au mont Rochard, à 357 m, pour une vue imprenable sur la contrée. Une première de cordée sans risque de dévissage où l’on chemine parmi les vaches roux et blanc de la race maine-anjou et quelques pommiers à cidre dont le jus frais et tendre épanche la soif d’altitude.

Si l’expression «douce France» est souvent revenue au cours de cette série estivale, c’est peut-être ici qu’elle prend une signification conforme à l’image que l’on peut s’en faire dans la définition du concept. Tendre pays aux volumes apaisants et néanmoins vivaces. Conscience de trouver ici le terreau de cette âme française dont la pérennité s’inscrit autant dans la préservation d’un enracinement territorial assumé que dans l’ouverture sur son temps.

Les paysages sont assez semblables, à quelques haies et bois près, à ceux que connurent les Aulerques cénomans qui peuplaient la contrée avant que Rome ne remembre la Gaule. C’est pourquoi les Coëvrons ne sont pas un rempart contre l’altérité, mais le conservatoire d’une certaine idée de la campagne française. Il ne s’agit pas de s’y enfermer, mais de le transmettre, si possible en l’état, aux générations futures, afin qu’elles puissent elles aussi s’y ressourcer pour apprécier leur chance de vivre en France. Voici quelques étapes et haltes aptes à révéler davantage le charme des lieux et à percer quelques secrets enfouis dans la mémoire locale.

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