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Sète - "L'île singulière" de Paul Valéry

Hérault - Sète
Sète - Quai de la Consigne
Niveau
:   
Durée :   02h00
Distance :   2.999 km
Dénivelé :   57 m
Balisage :   
Environnement :   Ville
Enfants :   Adapté
Type d'activité :   A pied

Découvrez la balade : Sète - "L'île singulière" de Paul Valéry

Entre le mer et l'étang de Thau, Paul Valéry est "né dans un de ces lieux où il aurait aimé de naître". Presque une île, plus qu'une île. PAR ANTOINE DAMAGNEZ

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Présentation détaillée de la balade : Sète - "L'île singulière" de Paul Valéry

“Je suis né dans un port de moyenne importance, établi au fond d’un golfe, au pied d’une colline, dont la masse de roc se détache de la ligne générale du rivage. Ce roc serait une île si deux bancs de sable… ne le reliaient ou ne l’enchaînaient à la côte du Languedoc” (Paul Valéry, Impressions sétoises ). Tout est dit, le décor est dressé, en quelques mots l’un des poètes les plus célèbres du XXe siècle situe avec précision sa ville natale entre terre et mer, «l’île singulière», comme il aimait à la dénommer. Certes, elle l’est, singulière, et les Sétois, séparés du «continent» par le bassin de Thau, ont toujours eu cette mentalité d’îliens.

L’aventure commence au XVIIe siècle lorsque le Roi-Soleil demande à Colbert de lui construire un port pour commercer avec l’Orient. Le mont Saint-Clair fera l’affaire. Toute la région résonne alors des gigantesques travaux entrepris, car, de son côté, Riquet termine la construction du canal du Midi qui doit déboucher dans le bassin de Thau. Le 29 juillet 1666, le port est inauguré et la ville dédiée à Saint Louis. Sète se spécialise dans le commerce du vin et la bourgeoisie viticole n’a de cesse de se comparer à celle de Montpellier ou de Béziers.

«Je dois à mon port natal,écrit Paul Valéry dans une lettre adressée au conseil municipal en 1925, les sensations premières de mon esprit, l’amour de la mer latine et des civilisations incomparables qui se formèrent sur ses bords.» De sa maison, au 65, Grande-Rue, l’actuelle grand-rue Mario-Roustan, il ne reste rien. Seule une plaque apposée dans une ruelle, l’impasse Paul-Valéry, en fait mention.

Au pied du mont Saint-Clair, sa rue domine le quai Maxinùn-Licardi où viennent toujours s’amarrer les chalutiers de retour de la pêche. Pour se rendre au lycée qui porte désormais son nom, il suffisait au jeune Paul d’emprunter la rue Rapide, anciennement bien nommée rue Rompe-Cul et de grimper au Quartier-Haut. Bien plus tard, il s’adressera aux élèves du lycée en ces termes: «Regardez par-dessus les toits, vous avez une grande chance dans ce collège. Si vos yeux s’élèvent du livre ou du cahier, ils se posent sur la mer. J’ai eu, moi aussi, la chance d’avoir, comme à la disposition de ma distraction, la vue de cette mer et de ce port.» C’est sans doute pour cette vue tant aimée qu’il décida d’être enterré face à l’immensité marine, au cimetière Saint-Charles, devenu Cimetière marin par la grâce d’un poème qui le rendit célèbre et fit sa gloire.

«Ce toit tranquille, où marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les tombes; Midi le juste y compose de feux La mer, la mer, toujours recommencée! O récompense après une pensée Qu’un long regard sur le calme des dieux!» («le Cimetière marin», Charmes)

Il suffît d’emprunter la Grande-Rue haute à flanc de colline pour découvrir le lieu où repose le poète dans la tombe de la famille Grassi, du nom de son grand-père maternel Un autre poète, enfant de Sète non moins célèbre, Georges Brassens, choisit, lui, d’être enterré dans le cimetière Le Py, le cimetière des pauvres de l’autre côté du mont Saint-Clair, en compagnie de Jean Vilar.

Cette vue depuis le Quartier-Haut, les Italiens de Sète la connaissent bien. Pêcheurs venus de Naples chercher fortune au XIXe siècle, ils ont choisi de s’installer sur les contreforts du mont pour surveiller leurs bateaux. Pas étonnant que, dans le Quartier-Haut, on parle fort, on s’invective d’un balcon à l’autre; on rit dans ces rues à l’ambiance toute napolitaine, chaises sur le trottoir pour prendre le soleil et linge aux fenêtres.

Ces Sétois du haut vivent de la pêche en mer, alors que, pour les Sétois du bas, ceux de la Pointe-Courte, le bonheur est dans l’étang. Au débouché de l’ancien canal royal, après le pont Sadi-Carnot, la Pointe-Courte est un étonnant microquartier construit de maisons basses, traversé de ruelles se coupant à angle droit, habité par les descendants des pêcheurs frontignanais, les «ventres bleus». Les cabanes de l’étang sont devenues des maisonnettes. Ici on vit au rythme du bassin, toutes les familles se connaissent, et ne devient pas «pointu» qui veut. Gare à celui qui vendrait à un «estranger», il risquerait d’être exclu du quartier. Si vous vous rendez au bar du Passage, peut-être vous raconterat-on l’histoire du tournage du film d’Agnès Varda qui vit débuter Philippe Noiret dans la Pointe-Courte en 1954.

Pour se rendre à la pointe du Barrou depuis la Pointe-Courte, une seule possibilité, emprunter le pont-levis Sadi-Carnot, construit en 1926, «rénové» en 1940: 57 m, 7 piliers, 600 t de métal, un moteur, un contrepoids. Une antiquité respectée dans la ville. La pointe du Barou, c’est le domaine des conchyliculteurs.

En 1875, un certain Gatien Laffite eut l’idée d’implanter des parcs à coquillages dans l’étang de Thau, une mer intérieure riche en plancton. Aujourd’hui, les parcs occupent plus de 1300 ha sur l’eau. Les «mas conchylicoles» sont répartis sur la quasitotalité de la rive nord du bassin et l’huître de Bouzigues, goûteuse et fine en bouche, est devenue la richesse des «paysans de la mer». Les huîtres sont «collées» au ciment sur des cordages attachés à des portiques, les tables, plongées dans l’eau sur 3 à 6 m selon la profondeur.

La plupart des exploitations sont de petite dimension et le travail s’effectue en famille. Dur, il demande une disponibilité quotidienne quelle que soit la météo. Mais pour rien au monde un «parqueur» ne changerait de profession. Pour Gilbert Garau, installé au Barrou depuis des années, c’est le plus beau métier du monde, il y a la liberté, le vent, le soleil, l’étang et les copains que l’on reçoit le dimanche matin: on ouvre les huîtres ou les moules que l’on déguste avec un pastis ou un picpoul de Pinet avant de faire le tiercé. Elle est pas belle, la vie?

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