Le gouffre de Lantouy est une résurgence karstique de la commune de Saint-Jean-de-Laur, dans le Lot, non loin de Cajarc : un bassin aux eaux bleu-vert d'où sort la rivière souterraine du causse de Limogne, au pied des ruines d'une abbaye médiévale classée monument historique.
Qu'est-ce que le gouffre de Lantouy ?
Sous les plateaux calcaires du Quercy, l'eau de pluie s'infiltre dans les fissures, creuse des galeries et circule en profondeur. À Lantouy, une partie de ce réseau souterrain remonte à l'air libre et forme un bassin profond, d'une couleur étonnante selon la lumière. Le ruisseau de Lantouy qui en sort rejoint le Lot environ 2 km plus loin, et marque sur une partie de son cours la limite entre le Lot et l'Aveyron. Ce type de source, où une rivière souterraine réapparaît par un gouffre, est appelé source vauclusienne, du nom de Fontaine-de-Vaucluse.
Le site appartient au parc naturel régional des Causses du Quercy, labellisé géoparc mondial Unesco en 2017 pour la richesse de son sous-sol. Le paysage alentour est celui du causse : chênes pubescents, genévriers, murets de pierre sèche et cazelles, ces cabanes de berger en pierres.
Les ruines de l'abbaye de Lantouy
Sur le versant d'un promontoire qui domine un méandre du Lot, des ruines regardent le gouffre. Le lieu est cité dès 961 dans le testament du comte Raymond II de Rouergue, qui mentionne l'alleu de Lantouy et son église. Au XIe siècle, l'évêque de Cahors y aurait fondé un prieuré bénédictin, dit aussi abbaye de Saint-Namphaise. La communauté ne s'est pas maintenue et le site a été largement délaissé dès le XIIe siècle, l'église servant encore de paroisse jusqu'à la première moitié du XIVe siècle. Les vestiges sont protégés au titre des monuments historiques depuis le 19 novembre 2009.
Une légende raconte que la foudre aurait détruit le monastère et précipité ses cloches au fond du gouffre ; certains y voient l'origine de la couleur de l'eau. Un pèlerinage local, organisé lors des sécheresses, a longtemps rassemblé les habitants avant d'être interdit au XIXe siècle.
Comment accéder au gouffre ?
Le gouffre se rejoint à pied par les chemins du causse. Plusieurs boucles de randonnée du secteur partent de Saint-Jean-de-Laur ou de Cajarc et associent souvent Lantouy au gouffre de l'Oule, une perte voisine où l'eau disparaît sous terre. Ces circuits comptent plusieurs heures de marche, avec des passages sur route et une remontée vers le plateau au retour. Les tracés ne sont pas tous balisés : la carte IGN au 1 : 25 000 du secteur de Cajarc, ou une trace préparée à l'avance, évite les erreurs.
- Ce que l'on voit : le bassin de la résurgence, le départ du ruisseau, les ruines du prieuré et la vallée du Lot.
- Accès : site naturel en accès libre, à rejoindre à pied.
- Informations à jour : office de tourisme du Grand Figeac, bureau d'information de Cajarc.
Précautions sur place
Le gouffre n'est pas aménagé pour la baignade : l'eau y est froide, profonde et les bords sont glissants. Les ruines sont fragiles et les murs ne s'escaladent pas. Le site est petit et calme ; on y pique-nique en emportant ses déchets, sans faire de feu. L'été, la marche sur le causse se fait tôt le matin, car l'ombre est rare sur le plateau. Après de fortes pluies, le débit de la résurgence augmente et le spectacle change, mais les chemins deviennent boueux.
Le guide présente d'autres lieux à visiter en balade, sites naturels et monuments, ainsi que des itinéraires de randonnée partout en France. Pour une autre résurgence célèbre, Fontaine-de-Vaucluse figure parmi les balades dans le Vaucluse.
Le gouffre de Lantouy en quelques questions
- Peut-on se baigner dans le gouffre de Lantouy ?
- Ce n'est pas un lieu de baignade aménagé ni surveillé ; l'eau froide et profonde appelle à la prudence. Les plages de la vallée du Lot, vers Cajarc, conviennent mieux.
- Le gouffre est-il loin de Cajarc ?
- Il se trouve à quelques kilomètres, sur la commune voisine de Saint-Jean-de-Laur, et se rejoint par les boucles de randonnée du causse.
- Que voir dans les environs ?
- Cajarc et ses ruelles, la vallée du Lot vers Saint-Cirq-Lapopie, et les dolmens du causse de Limogne.
Sources : parc naturel régional des Causses du Quercy, office de tourisme du Grand Figeac, Vallées du Lot et du Célé (bureau de Cajarc), base Mérimée du ministère de la Culture, articles Wikipédia « Abbaye de Lantouy » et « Saint-Jean-de-Laur ».











