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Le Saut de la Mounine, falaise de Saujac face au village de Montbrun

Le Saut de la Mounine est un belvédère au bord d'une falaise de Saujac, en Aveyron, qui surplombe un méandre du Lot face au village perché de Montbrun. Son nom vient d'une légende locale : une guenon, la « mounine » en occitan, y aurait été jetée dans le vide à la place d'une jeune fille.

Un balcon au-dessus d'une boucle du Lot

Entre Capdenac et Cajarc, le Lot dessine de larges méandres au pied de hautes falaises calcaires. La rivière y sert de frontière entre deux départements : Saujac, sur la rive aveyronnaise, est enserré dans une de ces boucles, tandis que Montbrun, sur l'autre rive, appartient au Lot. Le point de vue se trouve sur la route qui relie Ambeyrac à Saujac, au rebord du plateau.

Du bord du plateau, le regard plonge sur la vallée : les prairies et les noyers du fond, les eaux vertes du Lot, puis, en face, le village de Montbrun accroché à son promontoire rocheux. Au-dessus des maisons se dressent les ruines du château fort, en partie du XIIIe siècle et classées monument historique en 1984 ; il a appartenu à un frère du pape Jean XXII, puis à la puissante famille de Cardaillac. Un peu à l'écart, un second château, de briques celui-là, construit pour un parlementaire toulousain, a été confisqué à la Révolution et tombe aujourd'hui en ruine.

Un autre panorama de la commune, la Croix des Belges, domine l'autre côté du méandre : on y voit Cadrieu et Cajarc. Les deux belvédères se combinent facilement dans la même sortie.

La légende de la mounine

Le récit, transmis oralement et enjolivé au fil du temps, se situe au XVe siècle. Un ermite nommé Cidoine vit alors dans une grotte au-dessus du Lot, en compagnie d'une guenon. Au château de Montbrun, Ghislaine, fille du seigneur Ogier, s'éprend de Renaud, fils d'un seigneur rival. Furieux, son père menace de la précipiter du haut de la falaise.

L'ermite imagine alors une ruse : il habille sa guenon de la robe rouge de la jeune fille, et c'est l'animal qui est lancé dans le vide. Croyant sa fille morte, le seigneur est saisi de remords ; quand il la retrouve vivante, il accepte le mariage et les deux familles se réconcilient. Le saut de la guenon a laissé son nom au rocher.

Le décor de la légende a changé. Le rocher considéré comme celui du saut s'est effondré au début des années 1990, et la petite cavité de l'ermite, appelée grotte des Corbeaux, est devenue difficile d'accès ; elle est d'ailleurs peu profonde et sans intérêt pour la visite.

Une falaise protégée pour sa nature

Le site est aussi une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique : la ZNIEFF « Le Saut de la Mounine » couvre un peu plus de 89 hectares sur deux communes. Ce classement signale des milieux remarquables : corniches calcaires, pentes sèches et boisements du rebord de causse, où vivent des plantes et des oiseaux adaptés aux parois et à la chaleur.

Venir au Saut de la Mounine

Le belvédère est-il dangereux ?
La falaise est haute et le calcaire peut se détacher, comme l'a montré l'effondrement du rocher : on reste en retrait du bord et l'on tient les enfants et les chiens près de soi.
Faut-il marcher longtemps ?
Non, le belvédère se trouve en bord de route. Pour une vraie randonnée, des chemins parcourent le plateau et descendent vers la vallée ; la carte IGN du secteur et l'office de tourisme du Grand Figeac indiquent les boucles balisées.
Quand la vue est-elle la plus belle ?
En fin d'après-midi, quand la lumière éclaire le promontoire de Montbrun, et à l'automne, quand les arbres de la vallée changent de couleur.

À quelques kilomètres en aval, près de Cajarc, le gouffre de Lantouy complète la découverte de la vallée. D'autres sites de ce type sont rassemblés parmi les lieux à visiter en balade.

Sources : articles Wikipédia « Saujac » (situation du belvédère, Croix des Belges, légende, effondrement du rocher, ZNIEFF) et « Montbrun (Lot) » (promontoire, châteaux, classement de 1984).

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