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Le fort de Peccais, sentinelle en ruine des salins d'Aigues-Mortes

Le fort de Peccais, sentinelle en ruine des salins d'Aigues-Mortes

Le fort de Peccais est une ancienne place militaire bâtie au milieu des salins d'Aigues-Mortes, dans le Gard, pour protéger le sel du roi. Aujourd'hui en ruine, ses vestiges et son fossé sont inscrits aux monuments historiques et appartiennent au Conservatoire du littoral depuis 2012.

Un fort pour garder l'or blanc

L'histoire de Peccais commence avec celle d'Aigues-Mortes. En 1248, Saint Louis achète à l'abbé de Psalmody les terres de Peccais, où l'on récoltait le sel depuis longtemps. En 1290, Philippe le Bel acquiert le territoire et donne les salins en fermage, contre le septième de la récolte. Le sel est alors un monopole royal, soumis à la gabelle : il faut le défendre contre les pilleurs, les contrebandiers et les pirates.

Le fort, dont la construction est datée de 1568 dans son article encyclopédique, surveille les salins et leurs canaux. En 1596, il est défendu par dix-huit soldats. Jusqu'en 1716, on y ajoute une chapelle, des citernes, des glacières, des magasins et une boulangerie, si bien que trois bâtiments de deux étages entourent une cour centrale en forme de U.

La gabelle est abolie en 1791 et le fort perd sa raison d'être ; il est déclassé en 1820. Il sert encore de prison pendant la Première Guerre mondiale, puis les troupes allemandes y installent des blockhaus en béton entre 1942 et 1944. Ses vestiges et son fossé sont inscrits aux monuments historiques en 1978. En décembre 2012, la Compagnie des Salins du Midi l'a cédé au Conservatoire du littoral.

Peut-on aller jusqu'au fort ?

Le fort se trouve au coeur d'un espace de production de sel toujours en activité. Les salins exploités ne se parcourent pas librement. L'accès au fort, les éventuelles visites accompagnées et les chemins autorisés se renseignent donc avant de partir, auprès de l'office de tourisme d'Aigues-Mortes, de la Maison du Grand Site de France de la Camargue gardoise ou du Conservatoire du littoral. À défaut d'accès, on aperçoit la silhouette des ruines depuis les routes et les pistes ouvertes au public.

Les visites organisées des salins d'Aigues-Mortes, proposées par l'exploitant, permettent de découvrir le marais de Peccais de l'intérieur : la récolte mécanique dans les tables salantes, les camelles, ces grands tas de sel blanc, et les bassins colorés par une algue microscopique.

Une sortie à vélo autour d'Aigues-Mortes

Le paysage plat de la Petite Camargue se prête au vélo. Une sortie type part du pied des remparts et combine plusieurs étapes :

  1. Les remparts, à longer avant de quitter la ville.
  2. Les abords des salins, desservis par la route départementale 46, avec leurs bassins roses et les flamants qui s'y nourrissent.
  3. La silhouette du fort, à regarder depuis les voies ouvertes.
  4. Le retour par le bord du canal ou vers Le Grau-du-Roi pour finir au bord de la mer.

La circulation des voitures est réelle sur les routes départementales en saison : on privilégie les pistes cyclables aménagées et les heures calmes. Prévoir de l'eau, un chapeau et un répulsif contre les moustiques, l'ombre étant presque absente.

Pour préparer la sortie au fort de Peccais

Le fort est-il ouvert à la visite ?
Aucune ouverture régulière n'est annoncée publiquement à ce jour. Un projet de visite avait été évoqué après le transfert au Conservatoire du littoral ; il faut se renseigner sur les sorties ponctuelles.
Quel lien avec la tour Carbonnière ?
Les deux ouvrages défendaient Aigues-Mortes ; la tour Carbonnière, au nord, gardait la route d'accès à la ville et se visite plus facilement.

Pour une promenade plus simple au départ de la ville, la page sur la balade des remparts et du chemin de halage d'Aigues-Mortes décrit le bord du canal. La sélection des balades dans le Gard et l'étang du Ponant au Grau-du-Roi complètent le séjour. Les autres parcours sont dans les itinéraires de balade.

Sources : articles encyclopédiques Fort de Peccais (dates, aménagements, déclassement, inscription, cession au Conservatoire du littoral), Aigues-Mortes (garnison de 1596) et Salins d'Aigues-Mortes (récolte, accès par la RD 46).

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